Grand prix Sacem

Jamais je ne penserai qu’un jour, je monterai sur la scène de l’Olympia pour y recevoir un Grand Prix…

Pour moi, la passionnée de musique et de films, ça a été bien sûr une émotion très forte. Mais le moment le plus fort est celui où j’ai appris que j’allais le recevoir…

J’étais dans le train pour Nice. La Sacem m’avait laissée plusieurs messages et je me demandais quel était l’objet de cette urgence. Alors, à Aix en Provence, lors de l’arrêt du train, j’ai rappelé. Le train est reparti, je ressentais comme un tourbillon au fond de moi. J’ai vu mes 20 ans de carrière défiler sous mes yeux.

Je ressentais chaque moment qui a été important de façon très intense. Je pensais à ceux qui m’ont aidé à démarrer et à tous ceux qui ont fait équipe avec moi pendant toutes ces années et pour qui j’ai une reconnaissance éternelle. Réaliser est un travail d’équipe et de confiance. Ce Grand Prix est arrivé comme un trait d’union entre 20 ans passés, déjà… et ces années qui s’annoncent différentes avec tous les changements que nous vivons dans les médias, le numérique et les nouvelles écritures. Ce Grand prix est arrivé aussi à un tournant de ma vie. J’ai commencé à réaliser à la naissance de ma deuxième fille, et cette année là, elles quittaient le nid familial.

 

Oui, ce prix vient comme un trait d’union parce que mes pivots, j’appelle pivots les personnes qui m’ont entourée durant ces années, sont toujours près de moi… Trait d’union qu’avec de nouvelles personnes nous réfléchissons au sens de notre métier. Trait d’union parce que j’ai toujours le même amour pour mon métier qu’au premier jour… Réaliser est un métier passionnant et difficile, l’avoir fait en tant que femme a été une découverte de tous les jours, j’aurai aimé rencontrer plus de modèles féminins lors de mes débuts… La vie en a décidé autrement. C’est donc ainsi, seule, que j’ai écrit cette partie de mon histoire. C’est pourquoi, je dédie une fois de plus ce prix bien sûr à tous mes collaborateurs, mais surtout à mes filles et aux 15 réalisatrices africaines que j’encadrais à ce moment là pour Canal + Afrique. Je rajouterai aujourd’hui, à tous ceux qui écoutent leur part intuitive, leur envie quel qu’elle soit et d’aller au bout de leur rêve. Le meilleur film à réaliser est celui de sa propre vie.

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